Le cancer ? Tous concernés !

12 mai 2017

Tribune

Retrouvez ma tribune sur le cancer publiée par le Trombinoscope, la revue nationale du monde politique.

Qui n’a pas un proche ou un membre de sa famille qui a été malade du cancer ? Qui peut prétendre qu’autour de lui personne ne sera jamais touché par le cancer ? Personne. Ce n’est pas pour rien qu’on appelle le cancer le « mal du siècle ».
Les chiffres sont alarmants : 385 000 nouveaux cas ont été diagnostiqués pour la seule année 2015. Et si le cancer tue, heureusement, moins qu’avant, on estime encore à presque 150 000 le nombre de décès du cancer. 150 000 ! La situation est urgente.

Depuis trente ans, les avancées de la recherche, de la prévention et du dépistage ont été considérables. On le sait, plus un cancer est détecté et soigné tôt, plus le traitement est efficace et plus le patient a des chances de guérir. C’est pour cela que la prévention est le meilleur moyen de lutter contre le cancer. Et, en matière de prévention, il y a encore du travail à faire. Un exemple : la campagne de dépistage du cancer colorectal ne touche pas la moitié des personnes ciblées. C’est trop peu.

Contre le cancer, un autre chantier est à lancer avec ambition et réalisme. Celui du droit à l’oubli. Même guéris depuis longtemps, les anciens malades du cancer portent encore le poids de la maladie : difficultés pour emprunter auprès d’une banque ; difficulté pour s’assurer, etc. Comme si les anciens malades du cancer n’avaient pas assez souffert, la société leur inflige une double peine en leur rappelant, sans cesse, leur statut d’ancien malade. Dans ces conditions, même guéri, le cancer serait incurable pour beaucoup !

Bien que le décret d’application soit entré en vigueur il y a quelques semaines seulement, la loi santé de 2015 a permis une avancée sur la question du droit à l’oubli, en le portant à cinq ans ou à dix ans selon les cas. Mais il faut aller plus loin. Cette année, j’ai déposé une proposition de loi à l’Assemblée nationale afin d’élargir ce droit à l’oubli à cinq ans, pour tous. Une mesure réaliste au vu des progrès de la science et humaniste pour les anciens malades du cancer, leur permettant de préparer l’avenir, de construire, de se reconstruire, d’emprunter, de se projeter… De vivre, tout simplement, et de vivre normalement. Un vrai message d’espoir pour tous les malades !

Sensibilisation, prévention, dépistage et droit à l’oubli pour tous doivent donc être les grands principes de notre combat contre ce fléau qu’est le cancer. C’est aussi la raison pour laquelle j’avais proposé que la prévention et le dépistage du cancer soient déclarés « Grande cause nationale » ! Aux côtés du Plan cancer 2014 – 2019, cette proposition permettrait d’amplifier les campagnes d’information, tout en facilitant également les actions de prévention.

Oui, les progrès de la science sont colossaux et particulièrement encourageants. Aussi, aujourd’hui, l’enjeu est double : mieux prévenir et mieux accompagner chaque personne guérie. Ces deux défis sont à affronter en même temps et au plus vite. Dans la lutte contre le cancer et pour offrir une nouvelle vie aux patients au lendemain de leur rémission, il n’y a pas de fatalité.
* (Source Institut national du Cancer : © Les cancers en France – Edition 2015)