De retour de Syrie…

29 octobre 2015

Je suis rentrée hier soir de Syrie, après 48 heures de voyage et de rencontres. Depuis mon retour, j’enchaine les rendez-vous médiatiques, avec une principale question : qu’êtes-vous allée faire là-bas ? La réponse est pourtant simple.

IMG_1360Depuis deux ans, en tant que co-présidente du groupe d’études sur les chrétiens d’Orient, j’ai rencontré de nombreux syriens. Tous me faisaient la même invitation : venez voir la réalité à Damas, venez nous rendre visite. C’est donc tout naturellement que j’ai accepté l’invitation de Jean-Frédéric Poisson, député des Yvelines, à l’accompagner en Syrie.

Arrivé lundi soir à Beyrouth, au Liban, nous avons passés une première soirée avec de jeunes volontaires français engagés auprès des Chrétiens d’Orient. Un moment enthousiasmant avec ces jeunes qui donnent de leur temps et de leur énergie au service des autres.

IMG_1358Parti tôt dans la matinée pour Damas, nous avons découvert un pays en guerre, mais qui reste debout, avec une volonté ferme de se battre contre les agresseurs djihadistes et terroristes. Durant toute la journée, les Syriens que nous avons rencontrés, qu’ils soient députés, religieux, du grand mufti au nonce apostolique, chefs d’entreprise ou réfugiés, nous ont délivré le même message : pourquoi la France abandonne ? Pourquoi la France ne nous aide-t-elle pas à rester chez nous ? Des questions qui confirment les déclarations de tous les Syriens que j’ai reçus à l’Assemblée nationale depuis deux ans…

Mercredi matin, juste avant de repartir vers le Liban, nous avons été reçus, Jean-Frédéric Poisson, Xavier Breton et moi-même, pendant une heure trente par le Président syrien, Bachar Al-Assad. Une rencontre franche : aucune question n’était interdite, aucune limite n’a été fixée à notre liberté de parole.

IMG_1357L’impression que nous avons eu de ce séjour, c’est que Bachar Al-Assad n’est pas prêt de partir ; que l’armée est toujours présente et se bat ; que les institutions fonctionnent encore ; que la vie est plus forte que la guerre à Damas. Le peuple syrien est un peuple fier, qui refuse la fatalité et qui se bat pour sa liberté face aux terroristes de l’Etat islamique et des milliers d’autres groupes djihadistes. Aujourd’hui, en Syrie, l’alternative est claire : c’est soit Bachar, soit Daech ! Prétendre s’appuyer sur une opposition dite « modérée » est absurde et irresponsable. L’opposition « modérée » en question n’a de modérée que le nom…

L’intérêt de la France est évidemment de ne pas tourner le dos à Bachar Al-Assad, de l’inviter, comme le fait la Russie, à la table des négociations. La diplomatie, c’est discuter avec tout le monde, même avec ceux qui ne pensent pas comme nous.

C’est le message que j’essaye de transmettre depuis mon retour…
Retrouvez mes passages dans les médias
Assad4